22 siècles et des générations d’excellence

Histoire Condrieu AOP mobile

Un vin renommé dès l'antiquité

Au Ier siècle avant J-C, le peuple celte des Allobroges installé au Nord de la vallée du Rhône développe le vignoble sous domination romaine, aux alentours de la ville de Vienna. Plutarque et d’autres auteurs anciens saluent déjà la qualité de la production. Au Moyen Âge, le vignoble s’étend sous la gouverne de l’Église. L’archevêque de Lyon accorde à Condrieu le privilège de vendanger à volonté.

Une réputation à l’épreuve des siècles

Les Papes d’Avignon apprécient les vins de Condrieu, tandis qu’au XVIe, le Chapitre Lyonnais en offre aux invités de marque. Les paysans prennent peu à peu en main les vignes. Au XVIIe, la notoriété est nationale, comme l’évoquent des personnages illustres tels que Boileau ou Pascal. Le vin de Condrieu est reconnu comme un produit de qualité, consommé notamment à Paris par la bourgeoisie.

Un âge d’or, puis des années noires

Au début du XIXe, le village de Condrieu compte à lui seul compte 142 ha de vigne. Les premières traces de mises en bouteilles sont datées du milieu du siècle, tandis les vins s’orientent vers Saint-Etienne et Lyon, avec le développement des chemins de fer. Après le coup de semonce de l’oïdium, les années 1870 sont marquées par une vague de phylloxera qui décime les surfaces. Il faudra 20 ans pour les reconstituer par plants greffés et retrouver du rendement.

La naissance de l’AOC et le déclin du vignoble

Jusqu’ici, le vin de Condrieu est apprécié comme un vin doux, récolté souvent vers la Toussaint. Au début du XXe siècle apparaissent les vins secs. La vigne connaît alors un abandon progressif du fait de la première guerre mondiale, puis d’une main d’œuvre absorbée par le maraîchage, l’arboriculture et l’essor de l’industrie en vallée du Rhône. La viticulture résiste cependant, et l’AOC Condrieu naît le 27 avril 1940, sur les communes de Condrieu, Vérin et Saint-Michel-sur-Rhône. Le Syndicat des vignerons est fondé la même année, et l’excellence demeure : Curnonsky, le prince des gastronomes, parle de Condrieu comme l’un des plus grands vins de France.

Au bord du précipice, le renouveau

Malgré une extension aux communes de Chavanay, Saint-Pierre-de-Bœuf, Malleval et Limony en 1967, l’appellation est en perte de vitesse et frôle l’extinction. En 1975, un étudiant écrit dans un rapport « Le viognier est-il condamné ? ». En 1978, il ne reste que 8 hectares de vignes !

Dans les années 80, le vignoble renaît par la détermination d’une poignée de vignerons. Le monde viticole se professionnalise, de nouveaux domaines s’installent, les vins de gastronomie sont à la mode, les coteaux abandonnés sont replantés, les chaillées sont reconstruites…

L’appellation Condrieu renaît !

Le tournant de 1986

Cette année-là, face aux demandes croissantes de plantation et dans un souci de qualité des vins, les vignerons de Condrieu entreprennent une dernière révision de l’aire d’appellation en accord avec l’INAO.

Toutes les vignes au-dessus de 300 mètres d’altitude sont exclues. Un tiers est donc retiré pour ne garder que les coteaux les mieux exposés, là où le viognier atteint ses meilleures maturités. L’AOP couvre alors 262 hectares.

La consécration et les défis du XXIe siècle

Les vins de Condrieu accèdent à une renommée internationale, collectionnent les superlatifs et sont vendus dans le monde entier. De nouvelles caves sont construites et l’œnotourisme se développe. Face au changement climatique, les pratiques culturales s’adaptent.

Dépositaires d’une longue histoire qui a montré leur capacité à faire avec la nature, résister aux aléas et surmonter les crises, les vigneronnes et vignerons de Condrieu sauront affronter les challenges à venir.

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